Analyse

Chez un charpentier, un exosquelette retenu sur six, pour deux opérateurs

Chez le charpentier Lamécol, en Nouvelle-Aquitaine, six modèles d'exosquelettes ont été testés dans trois ateliers entre 2023 et 2025, rapporte Prévention BTP (OPPBTP) : un seul a été retenu, pour deux opérateurs. Charpentiers, couvreurs et entreprises de second œuvre y trouvent de quoi exiger le même essai sur leur propre tâche, avant tout achat ou toute location.

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Un harnais d'assistance physique suspendu à un crochet dans un atelier de charpente, à côté d'une pièce de bois sur tréteaux, sans marque visible
Un modèle sur six retenu, chez un seul charpentier, sur deux postes précis : le tri s'est fait sur la tâche, pas sur la machine. Illustration générée par IA.

Chez le charpentier Lamécol, à Canéjan (Gironde), six modèles d’exosquelettes ont été testés dans trois ateliers entre 2023 et 2025, et un seul a été retenu, pour deux opérateurs. Prévention BTP, le média de l’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP), a rapporté le 2 octobre 2025 les enseignements de cette expérimentation, menée dans plusieurs entreprises de Nouvelle-Aquitaine. L’essai, mené avec des ergonomes, a écarté cinq modèles avant tout achat.

Un exosquelette est une structure portée par l’opérateur, souvent sur les épaules ou le dos, qui soulage un effort répété, par exemple le maintien des bras en l’air. L’essai a été conduit par la commission santé prévention de la Fédération française du bâtiment (FFB) Nouvelle-Aquitaine, la caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) Aquitaine et l’OPPBTP, avec trois cabinets d’ergonomie indépendants : Ergolibri, LMVT Conseil et NC Ergonomie.

Cinq modèles écartés sur six chez le charpentier

Prévention BTP rapporte que les cinq modèles écartés chez Lamécol l’ont été pour quatre raisons. Certaines tâches étaient trop dynamiques et engageaient tout le corps. D’autres étaient cadencées à un rythme soutenu, ou contraintes par la hauteur de travail. D’autres encore changeaient trop d’un poste à l’autre. Le modèle gardé porte sur une tâche statique et répétitive, sur un poste défini.

Ce ratio d’un modèle sur six vient d’un périmètre précis : trois ateliers d’un seul charpentier, avec un modèle finalement attribué à deux opérateurs. Il ne dit rien du taux d’échec des exosquelettes en général, ni de celui de Lamécol sur ses autres tâches.

Le même article documente un second cas, chez De Laborie, entreprise de peinture et de revêtement à Pau, qui a sélectionné et testé trois modèles pour la peinture de plafond et la pose de revêtement de sol, sans que l’article détaille les résultats. Deux autres entreprises ont participé sur des tâches de charpente et de couverture : C2B, à Tarnos, pour le montage de structures métalliques, et la Société de charpente agenaise, à Boé, pour la pose de tuiles. Selon notre lecture, les résultats d’un métier ne se recopient pas sur un autre.

Aucune des sources consultées ne publie le parc d’exosquelettes réellement utilisés sur les chantiers français, et le seul fabricant français présenté sur ce site, ErgoSanté, ne détaille pas la part du BTP dans ses ventes, selon notre fiche relevée le 16 août 2026.

L’essai sur la tâche réelle décide

Prévention BTP résume l’enseignement en une ligne : un exosquelette fonctionne sur une tâche statique et répétitive, pour un poste défini, avec un accompagnement ergonomique sérieux ; il ne fonctionne pas sur une tâche dynamique ou polyvalente, ni sur un terrain accidenté. Selon notre lecture, la leçon porte moins sur les produits que sur l’essai, qui a permis d’écarter cinq modèles avant achat.

La tâche à faire tester est donc celle des opérateurs de l’entreprise, sur leur poste réel, plutôt qu’une tâche générique de démonstration. Un exosquelette qui conviendrait, par exemple, à un poste de perçage en atelier ne dirait rien de son comportement sur un chantier extérieur en pente.

Deux outils annoncés, pas encore en ligne

Prévention BTP annonçait dans le même article deux outils : un questionnaire pratique d’auto-évaluation, et un guide méthodologique fondé sur la norme NF X 35-800, consacrée à l’intégration des exosquelettes en situation de travail. Recherchés le 15 septembre 2026 sur le site de Prévention BTP et dans sa liste de guides, ni l’un ni l’autre n’étaient accessibles. Aucun rapport de la FFB Nouvelle-Aquitaine ou de la Carsat Aquitaine n’a été trouvé non plus : la seule source disponible reste l’article de Prévention BTP, et ces outils seront liés ici dès leur publication.

Classer ses postes avant d’appeler un fournisseur

Avant de solliciter un fournisseur, une entreprise peut classer ses postes selon deux critères : la tâche est-elle statique ou dynamique, le terrain stable ou accidenté. Seul un poste statique et répétitif, sur un sol stable, mérite un essai d’exosquelette, mené sur la tâche réelle de l’opérateur concerné. Pour les postes dynamiques, polyvalents ou en terrain accidenté, les motifs d’écart relevés en Nouvelle-Aquitaine invitent à la prudence avant même d’engager un essai.

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