Fiche machine

Constructions-3D MaxiPrinter : 594 000 € TTC, livrée en quatre à six mois

La MaxiPrinter est une imprimante 3D béton mobile fabriquée dans le Nord, vendue 594 000 € TTC avec son conteneur et sa pompe. Elle a bâti trois bâtiments, tous sur le site de son fabricant.

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Vue de drone de la MaxiPrinter posée sur une dalle, bras télescopique déployé, entre deux murs courbes en béton imprimé et un échafaudage
La machine imprime autour d'elle depuis un poste fixe, sans portique ni rails : tout ce qu'elle bâtit d'une seule position tient dans son rayon. Photo Constructions-3D.

La MaxiPrinter est en vente, avec un prix et un délai affichés ; elle est conçue et assemblée à Bruay-sur-l’Escaut, dans le Nord. Aucun compteur de machines livrées n’est publié, et les trois bâtiments qu’elle a imprimés se trouvent tous sur le site du fabricant. Son prix est affiché sur la fiche produit du distributeur français, relevé le 16 août 2026.

Ce que c’est, et pour qui

La MaxiPrinter est une imprimante 3D béton mobile : un bras télescopique à quatre axes, à commande hydraulique, monté sur un châssis à chenilles qui se replie et se transporte dans un conteneur maritime de 20 pieds. Elle imprime autour d’elle plutôt que dans un portique fixe. Le distributeur annonce un diamètre d’impression de 18,8 m ; Batirama relevait en mars 2024 un bras de 9,5 m de rayon, soit 19 m de diamètre, à 20 cm près. La mise en œuvre annoncée est d’une heure, avec deux opérateurs.

Vue en plan de la zone d'impression annoncée de la MaxiPrinter Vue en plan à l'échelle. La machine imprime autour d'elle dans un disque dont le diamètre annoncé est de 18,8 mètres, soit un bras de 9,5 mètres de rayon. L'emprise au sol de la machine elle-même n'est pas publiée et n'est donc pas représentée : elle figure au centre par un carré en trait discontinu portant un point d'interrogation. Un conteneur maritime de 20 pieds, soit 6,06 mètres sur 2,44 mètres, est dessiné à la même échelle pour comparaison, ainsi qu'une règle de 5 mètres. ? 9,5 m 18,8 m Zone d'impression atteignable depuis un poste, sans déplacer la machine. Emprise au sol de la machine : non publiée au 16/08/2026. Conteneur 20 pieds (6,06 m x 2,44 m), à la même échelle. 5 m

Le disque est tracé au diamètre de 18,8 m affiché par le distributeur ; le rayon de 9,5 m est celui relevé par Batirama en mars 2024. Les deux sources diffèrent de 20 cm, nous les donnons telles quelles plutôt que de trancher. L’emprise de la machine n’étant pas publiée, elle n’est figurée que par un carré en trait discontinu, sans dimension : c’est pourtant la donnée qui permettrait de juger d’un accès de chantier.

Elle est conçue et assemblée par Constructions-3D, à Bruay-sur-l’Escaut (Nord), sur un site que l’entreprise appelle la Citadelle des Savoir-Faire. Le matériau de référence est le Sikacrete-733 3D, un micro-béton monocomposant fibré développé avec Sika.

Plusieurs métiers sont concernés : le gros œuvre et la maçonnerie d’abord, le coffreur-bancheur, dont elle peut remplacer une partie du travail selon notre lecture, le conducteur de travaux qui doit organiser l’approvisionnement continu en mortier, et le bureau d’études structure, puisqu’une paroi imprimée n’est pas un mur banché et se justifie autrement.

Combien, et où

La fiche produit du distributeur français Machines-3D affiche 594 000 € TTC au 16 août 2026, avec une expédition annoncée sous 180 jours et une livraison de quatre à six mois. Le pack comprend l’imprimante, un conteneur de 20 pieds, le système de pompage, l’équipement de pilotage, le logiciel de création et de pilotage, la formation sur site et le support du constructeur.

Deux réserves s’imposent sur ce prix. La première : aucun montant hors taxes n’est affiché, et le comparer à un devis d’entreprise suppose de le ramener au hors taxes, soit environ 495 000 € au taux de 20 %, calcul de notre fait et non un prix constaté. La seconde : l’adresse de facturation affichée par Machines-3D sur cette fiche est celle du site du fabricant, à Bruay-sur-l’Escaut. Distributeur et constructeur partagent donc le même lieu, ce qui rapproche davantage ce prix d’un tarif constructeur que d’un prix de revente négocié par un tiers indépendant.

Il n’existe pas, à notre connaissance au 16 août 2026, d’offre de location de cette machine chez un loueur généraliste français. Pour un gros œuvre qui voudrait tester la technologie sans l’acheter, la voie est la prestation, pas la location de matériel.

Déploiements connus

Trois bâtiments ont été imprimés avec cette machine, et ils sont tous sur le site du fabricant. Le Pavillon, de 72 m², a été imprimé en 24 heures en 2019, et l’Accueil de la Citadelle, de 60 m², en quatre fois huit heures en 2020. La Tour, 450 m² sur trois niveaux et 14,14 m de hauteur, a été présentée en mars 2024 comme le plus haut bâtiment béton imprimé en 3D au monde à cette date.

C’est un démonstrateur remarquable, et c’est aussi la limite de la fiche : nous n’avons trouvé aucun chantier client, en France ou ailleurs, où une MaxiPrinter aurait imprimé pour un maître d’ouvrage tiers. Le statut « commercialisé » que nous portons ici repose sur un fait vérifiable, la machine est en vente avec un prix et un délai affichés, pas sur un parc en service que personne ne publie.

Le premier immeuble imprimé en France donne le vrai repère

Le repère utile est ailleurs. Le premier immeuble béton imprimé sur site en France est sorti de terre à Bezannes, dans la Marne : ViliaSprint2, douze logements sociaux pour Plurial Novilia, 800 m² habitables en R+2. Il n’a pas été imprimé par une MaxiPrinter mais par un portique BOD2 du danois COBOD, opéré par l’allemand PERI 3D Construction, en 34 jours d’impression effectifs contre 50 prévus, pour un coût de 4,5 M€ et un surcoût annoncé d’environ 30 % par rapport à une construction conventionnelle (Batirama, 12 avril 2026).

Ce chiffre de surcoût est celui qui borne la décision, bien plus que le prix de la machine. Le maître d’ouvrage a d’ailleurs fait construire un second bâtiment identique en méthode traditionnelle sur le même site pour comparer. Pour une entreprise qui envisage d’acheter une imprimante, ce que le premier immeuble français a coûté renseigne davantage que le prix du matériel.

Poids, débit et puissance restent inconnus

Le poids de la machine, sa hauteur d’impression maximale, sa vitesse ou son débit, et sa puissance électrique ne sont publiés ni par le constructeur ni par le distributeur au 16 août 2026 : la page produit du fabricant ne rend pas de fiche technique exploitable. Le nombre de machines vendues, en France comme à l’export, n’est pas publié. Aucun chantier client tiers n’a pu être documenté. Aucun tarif de location n’a été trouvé.

Un retour daté et vérifiable d’un utilisateur, sur un chantier ou en formation, compléterait utilement cette fiche.

La prestation avant l’achat

La bonne première dépense n’est pas la machine.

Le premier pas est une opération en prestation : pour un gros œuvre qui veut mesurer ce que l’impression change sur son organisation, la voie est de confier un ouvrage à une entreprise équipée. Le chantier de Bezannes montre ce qui se mesure vraiment à cette occasion : le rythme d’impression tenu, 34 jours effectifs contre 50 prévus, et le surcoût, environ 30 % par rapport au conventionnel.

Le deuxième consiste à faire travailler le bureau d’études structure en amont. Une paroi imprimée n’est pas un mur banché et se justifie autrement. C’est le poste qui décide si l’ouvrage passera, et il se traite avant tout devis de matériel.

Le troisième consiste à poser une question précise au constructeur sur les quatre données qu’il ne publie pas : poids, hauteur d’impression, débit, puissance électrique. Une réponse écrite et datée sur ces quatre points est ce qui manque à toute comparaison sérieuse aujourd’hui, et c’est la pièce qui rendra le devis comparable à autre chose.

Sur les obligations qui pèsent sur une machine de ce type à partir du 20 janvier 2027, voir notre page règlement machines (UE) 2023/1230.

Tâche documentaire : Maçonnerie et gros œuvre

Vous avez cette machine sur un chantier ?

Un prix réellement payé, un délai constaté, un défaut que le catalogue ne dit pas : c’est ce qui manque le plus à ce site. Les retours de terrain nourrissent les fiches, et leur auteur est cité s’il le souhaite.

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